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Rss Discours du 1er mai 2012
Le 1er mai est-ce la fête du travail ?

C'est le 24 avril 1941 que le maréchal Pétain instaure officiellement le 1er Mai comme « la fête du Travail et de la Concorde sociale ».
Cette "valeur travail" du gouvernement Vichy est encore prônée aujourd'hui par nos politiciens verreux (excusez le pléonasme).

L’identification du travail avec l’activité humaine et la créativité, la domination complète de la doctrine du travail comme destin naturel des humains a pénétré notre conscience à une telle profondeur que le refus de cette condition forcée, de cette contrainte sociale, semble être devenu un sacrilège pour le concept même d’humanité. Comme si nous ne pouvions exister sans maître.

Alors n’importe quel travail devient meilleur que pas de travail du tout. Ceci est le message répandu par les évangélistes de l’existant, sonnant les trompettes pour la course à la compétition toujours plus frénétique entre les exploités pour quelques miettes tombées de la table des patrons ; pour l’instrumentalisation et le nivelage complet des relations sociales en échange d’un peu de travail misérable dans les galères de la survie. Alors même que ce travail est de plus en plus destructeur de la société et de la Nature et pousse l'humanité vers une impasse suicidaire. C'est tout le système travailliste qui contraint à l'inégalité de répartition des richesses et empêche les êtres humains de se libérer.

Ce ne sont pas, cependant, seulement les conditions générales de travail qui créent l’impasse. C’est le travail comme une totalité, comme un processus de commercialisation de l’activité humaine qui réduit les humains à des composants vivants d’une machine qui consomme des images et des produits. C’est le travail comme condition universelle dans laquelle les relations et la conscience sont formées, comme la colonne vertébrale qui maintient et reproduit cette société basée sur la hiérarchie, l’exploitation et l’oppression. Et en tant que tel, le travail doit être détruit.

Le Patronat, le Salariat, le Capitalisme et l'État sont des moyens de déposséder les travailleurs et travailleuses des fruits de leur labeur, et d'exclure tout celles et ceux qui sont éjectés ou ne peuvent accéder au seul moyen de subsistance autorisé.
Nous refusons le diktat de l'exploitation patronale. Le 1er mai n'est pas la fête de l'exploitation, mais une journée de lutte internationale qui puise son origine dans l'histoire du mouvement anar­chiste. Nous nous remémorons les cinq syndicalistes anarchistes condamnés à mort en 1887 par l'ordre bourgeois. Cette journée symbolise pour nous la quête d'émancipa­tion et de liberté qu'aucune répression ne peut faire taire.

On nous demande en ce moment de choisir notre prochain maître, mais nous ne voulons pas simplement devenir des esclaves plus heureux et heureuses, ou de meilleurs managers de la misère. Nous voulons redonner son sens et son essence à l’activité humaine et à la créativité en agissant ensemble, conduits par la recherche de la joie de la vie à travers la connaissance, la conscience, la découverte, la camaraderie, la solidarité. Pour la libération individuelle et collective …

C'est en ce sens que nous avons initié il y a 8 mois un projet de Centre Culturel Autogéré, un lieu de contestation, un lieu de débat, un lieu de rencontres et de fédérations. Nous avons travaillé, avec d'autres, à la mise en place de ce lieu alternatif, et c'est avec une immense joie et avec honneur que nous allons inaugurer ce Centre Culturel Autogéré à l'issue de cette manifestation.
Ce nouveau lieu politique est situé au 69 rue de Mon-Désert à Nancy, à côté du théâtre et de l'Église. Il est géré par une association sans hiérarchie et sans subvention, car nous voulons décider librement de notre vie et de nos activités.
Ce Centre Culturel Autogéré, c'est un lieu militant, associatif et convivial, qui a pour but de promouvoir les cultures alternatives, émancipatrices et opposées à la culture marchande.
Nous vous invitons à rejoindre la fanfare à l'issue de cette manifestation et à aller boire un coup à la révolution qui ne fait que commencer !

Qu'un vent de liberté souffle sur Nancy et emporte avec lui les discours des endormeurs !
Qu'on ne fête pas l'exploitation aujourd'hui, qu'on fête l'Émancipation !
 
 
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Ecrit par: Maïa, Le: 09/05/12